On parle de Giovanni sur le Sud Ouest.

L’Italie, pour le plaisir

MA VILLE Giancarlo Savini, Vénitien, explorateur des vins du monde, ouvre le Wine Bar

  Giancarlo Savini : « J'ai adhéré à une ville d'eau, où le vin  pèse lourd, avec l'océan tout près. »  Photo Stéphane Lartigue

Giancarlo Savini : « J’ai adhéré à une ville d’eau, où le vin pèse lourd, avec l’océan tout près. » Photo Stéphane Lartigue


c.seguin@sudouest.fr

«J’ai su très tôt à Venise que je voulais être maître de mon destin, ne pas dépendre de la famille. Mon père était ingénieur à la Société nationale d’électricité et ma mère professeur d’anglais. Je suis entré dans la vie active après mon bac littéraire. Très jeune aussi, j’ai rencontré une Bordelaise dont la famille possédait plusieurs châteaux. Bordeaux est mon premier voyage en France. J’avais 23 ans.

J’ai eu accès tout de suite à cet univers fascinant, dans un contexte d’excellence, en même temps que je découvrais un paysage de vignes, un climat, des tourelles du XIIe siècle, des dénivelés, une douceur. Cela m’a fasciné. Je suis tombé raide amoureux de la dune du Pilat, en succombant au charme des villas d’Arcachon et à la puissance de l’océan. À partir de là, j’ai découvert un type d’architecture, une culture profondément liée au terroir, très comparable à l’Italie. Ici, il y a du sud dans l’attachement aux valeurs de la terre. Plus on se rapproche du haut du panier, plus le côté anglo-saxon s’impose. J’ai surtout découvert une ville d’eau, où le vin pèse lourd, avec l’océan tout près.

Mon sang de Vénitien se partage très clairement entre l’eau et le vin. Je suis devenu directeur régional d’une société de fabrication de liège, puis distributeur d’une tonnellerie bordelaise en Italie. J’y vendais des barriques et des bouchons. C’est le monde que j’explore depuis 22 ans. J’ai beaucoup goûté, beaucoup appris. Les voyages m’ont ouvert l’esprit. Et je me suis lassé des voyages. J’ai imaginé ouvrir un Wine Bar avec Emmanuel, mon beau-frère, italo-français, qui dirigeait un hôtel-restaurant à Tahiti. La cuisine est son domaine d’excellence. Je suis passionné des vins du monde. De l’Espagne à la Hongrie, de l’Afrique du sud à l’Australie, en passant par la Californie.

Découverte et amitié

L’idée c’est de proposer ensemble une découverte de l’Italie avec une restauration – dans l’esprit antipasti – axée sur les bons produits de fromages, de charcuterie et de dessert. Et une carte de plats tournés vers les produits locaux. Les cépages et les vins du Sud de l’Italie, par exemple sont inconnus. Je pense qu’avec les vins italiens on peut boire de très bonnes choses à un prix raisonnable, contrairement à quelques vignobles français de grande renommée qui ont beaucoup exagéré. Ce qui m’a encouragé à découvrir les productions du monde. Nous voulons un lieu convivial, très italien, où l’on se sent accueilli, un endroit de partage, avec des tables ouvertes qui permettent aux amoureux du vin de partager un moment, sans forcément se connaître. Je veux aussi développer un club de dégustation et des soirées à thème.

J’en serai l’animateur. Si je suis en forme, je peux chanter. J’étais ténor dans une chorale de Venise. Je suis né pour être acteur de théâtre ou patron d’un wine bar. Je veux défendre une certaine façon de vivre à l’italienne et démontrer que l’on peut bien boire sans se ruiner. Nous ne proposons pas des vins de méditation ni des assemblages très bordelais Cabernet Merlot. Le but est de proposer la découverte des vins italiens aux Bordelais et celle des vins de Bordeaux aux touristes. Je suis un amateur de la rive droite et j’ai quelques amis en Gironde à qui j’achète du vin à un prix correct. J’ai aussi la chance d’avoir d’excellents producteurs en Italie qui me permettent de bons rapports qualité prix. Ce wine bar est très important dans ma vie. Je n’ai jamais rompu le fil avec l’Italie, mais je ne pourrais pas y vivre. Je suis bordelais, concerné par la gastronomie, touché par l’harmonie des lieux et des saisons, sûrement séduit aussi par cet équilibre, ce bon côté bourgeois qui me convient. Il n’y a jamais d’excès.

Comment quitter cette ville ? Toute ma croissance, ma maturité adulte s’est faite ici. Le seul défaut de Bordeaux, c’est le manque de transports avec l’Italie. L’aéroport commence à peine à proposer des vols low cost. Nous sommes contraints de passer par Paris et tout cela est trop cher. J’espère que Ryanair va s’installer. Au fond, le modèle français me va parfaitement. C’est un pays mieux structuré. Les râleurs ne se rendent pas compte de la qualité française. Ils devraient aller comparer ailleurs. J’ai vécu tous les travaux, de la fin du  » Chabanisme  » à la naissance du  » Juppéisme  » et je constate que cette ville est devenue très européenne. Comme les quais, elle donne envie. C’est dans ce contexte que je mets l’Italie à disposition, pour tous ceux qui veulent en profiter. Benvenuti ! ».

~ par lewinebar sur juin 3, 2010.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :